Fort avec les faibles et faible avec les forts

En visite en Slovaquie, Emmanuel Macron s’est lancé dans une violente diatribe contre les dirigeants de la Pologne et de la Hongrie. Il n’a pas hésité à les qualifier « d’esprits fous qui mentent à leur peuple ». Cette sortie s’inscrit dans un double contexte : celui des élections européennes en mai 2019 et celui du clivage que le président français veut imposer en Europe entre les « progressistes » et les « populistes ». Il n’est pas évident que cette stratégie soit la bonne. Elle ne peut qu’exacerber les divisions. Pour un homme qui prétend incarner l’esprit unificateur européen c’est un comble. De toute façon le débat sera impossible tant que l’on fera mine de croire qu’il y a d’un côté des « europhiles » et de l’autre des « europhobes ». Toute évolution sera vaine tant que persistera le mythe qu’il n’existe qu’une vision possible de l’Europe : celle propagée par Bruxelles sur une ligne du libre échange mondial unilatéral. Sur les marchandises, les capitaux et les hommes. Ce débat entre des européistes mondialistes et des européistes nationalistes est absurde. Je ne crois pas à une Europe niant ses racines historiques, culturelles et spirituelles et pas davantage à une Europe des nations dans laquelle tous les pays pourraient tirer leur épingle du jeu. Je crois en une Europe fédérale, patriotique et identitaire. Cela demandera beaucoup de temps. Il faudra sans aucun doute des catastrophes, des drames et des tragédies pour qu’elle puisse voir le jour. Mais cela se fera. Y aura t-il un homme ou une femme politique en France pour le comprendre ?

Cela ne sera pas Emmanuel Macron qui est déjà incapable de se montrer à la hauteur des enjeux du Brexit (ici). Il n’est même pas davantage capable de se montrer à la hauteur des intérêts nationaux. Sa petite colère surjouée afin d’installer le clivage électoral auquel il aspire va ruiner les relations de la France avec une partie de l’Europe centrale pour de nombreuses années. Colère surjouée et malhonnête. Je rêve pour la France qu’un esprit fou comme Viktor Orban hante les couloirs de l’Elysée. Avec une immigration contrôlée, une islamisation combattue, un taux de chômage à 3,7 % et une croissance à 4 % il me plairait de voir un tel déséquilibré à la tête de notre pays. Cela nous changerait de tous ceux qui frappent dans nos rues. Des vrais ceux-là, dont la présence est la conséquence directe des politiques entreprises par Emmanuel Macron et ses prédécesseurs.

Mais le plus consternant dans tout cela est la lâcheté du président de la République. Il lui est facile de taper sur des pays comme la Pologne et la Hongrie. Le risque politique ou économique est faible et cela est bénéfique au niveau de la communication puisque son coup d’éclat sera relayé avec bienveillance par la plupart des médias et des éditorialistes acquis a l’idéologie bruxelloise. Mais lorsqu’il s’agit de prendre ses responsabilités face à des puissances qui peuvent lui nuire il fait pschiiiit le Manu. Il n’y a plus personne. On attend toujours la convocation de l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Paris dans le meurtre de l’opposant jamal khashoggi. Et je ne parle même pas d’éventuelles sanctions que la France et l’Union européenne se seraient empressées de prendre si un meurtre identique s’était déroulé dans un consulat de Russie. Entre silence gêné et déclarations très pondérées, Emmanuel Macron démontre qu’il se veut fort avec les faibles et faible avec les forts. Finalement, le seul tort de Viktor Orban et des dirigeants polonais est de ne pas avoir exécuté, décapité et démembré l’un de leurs opposants dans un consulat de Hongrie ou de Pologne. Emmanuel Macron ne les auraient pas qualifié « d’esprit fou ».

Laurent Dayona

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Catégories :France, Hongrie, Pologne

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