Fabrique moi un Saint

Samedi 25 août un Saint s’en est allé. Du moins si l’on en croit les médias. La mort du sénateur américain John McCain a en effet été l’occasion pour les journalistes de rendre un hommage en forme de tapis de bombes de louange qu’aurait sans doute apprécié l’ancien aviateur du conflit vietnamien. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Il suffit de se rappeler de la campagne présidentielle de 2008 lorsque John McCain, candidat des Républicains, affrontait Barack Obama, candidat des Démocrates, pour la Maison Blanche. Il faut dire qu’à l’époque il luttait contre un candidat qui était en voie de canonisation médiatique et les mêmes médias qui l’encensent aujourd’hui n’avaient pas de mots assez dures pour vilipender le sénateur de l’Arizona qui était alors présenté comme colérique, têtu, raciste, va-t-en-guerre etc…, etc…

Vous ne me croyez pas ? Pour le Huffington post en 2008 McCain était inapte mentalement pour occuper le poste de président. En 2012 il était qualifié de raciste (campagne pour la réélection du Saint Barack Obama) et en 2018 il devient un héros américain transpartisan.

Alors que s’est-il passé pour que cet homme bénéficie à sa mort d’un hommage aussi unanime de la part des médias ? S’opposer à Donald Trump ça change tout. Cela vous change un homme. Du moins aux yeux des journalistes. Car le sénateur républicain s’opposait au président américain à peu près sur tous les sujets principaux. Il s’opposait à sa réforme sur l’OTAN, il s’opposait à sa politique de rapprochement avec la Russie, à sa réforme fiscale, à la suppression de l’obamacare etc…, etc… Il s’est même opposé de son vivant à ce que le président honni soit présent à ses funérailles. C’est pour cela qu’il était adoré des Démocrates et des journalistes de gauche. C’est-à-dire de la majorité des journalistes. Le sénateur Mc Cain était donc infréquentable lorsqu’il s’opposait à Barack Obama mais il était devenu subitement très convenable depuis qu’il s’opposait à Donald Trump. Car c’est ainsi que fonctionne la fabrique des Saints chez les journalistes.

Et pourtant John McCain n’était pas un Saint. Loin s’en faut. Il était sans doute un bon mari, un bon père de famille et un bon Américain. Mais pas un Saint. Il faut bien se souvenir que John Mc Cain était l’un des pires mondialistes, favorisant notamment les guerres en Serbie, au Kosovo, en Irak, en Libye et en Syrie. Mais encore faut-il pour s’en rappeler ne pas regarder le journal de France 2. Car dans son portrait très élogieux de John McCain le reportage de la télévision publique affirme tranquillement que le sénateur de l’Arizona était «critique de la guerre en Irak» alors qu’il était en réalité l’un de ses plus fervents partisans. C’est ainsi que l’on fabrique un Saint. Par le mensonge. Toujours et encore.

Il était aussi un fervent ennemi de la Russie et de Vladimir Poutine. Un russophobe toujours prêt à en découdre, nostalgique de la guerre froide. On le présente également comme un adversaire de la torture, ce qu’il était, et un fervent défenseurs des Droits de l’Homme. Il conviendrait plutôt de préciser un farouche défenseurs des islamistes. De l’Egypte, où il afficha toujours sa défense des Frères Musulmans et sa condamnation du Maréchal Abdel Fattah al-Sissi pour avoir renversé l’islamiste Morsi, à la Syrie où il a toujours soutenu les pires ennemis de Bachar el-Assad. Ainsi, en mai 2013, le sénateur américain John McCain s’est rendu dans la province d’Idleb en Syrie pour rencontrer les leaders de l’«opposition armée». Sur les photographies, on peut le voir en compagnie de Mohammad Nour, porte-parole d’une brigade du Front Al-Nosra (c’est-à-dire d’Al-Qaïda en Syrie), du brigadier-général Salem Idriss, chef de l’Armée syrienne libre, ainsi que d’Ibrahim al-Badri qui deviendra célèbre un an plus tard en tant qu’Abou Bakr al-Baghdadi, calife de l’Etat islamique. Ce qui n’empêchera pas John McCain d’affirmer à son retour des Etats-Unis que tous les responsables de l’Armée syrienne libre sont des « modérés auxquels on peut faire confiance » !!!

De la même manière sa défense des Droits de l’Homme s’arrêtait aux frontières de l’Arabie Saoudite. Jamais une critique pour ce pays si connu pour son amour de la liberté, de la tolérance et pour sa lutte contre les discriminations. Il faut dire que le royaume wahhabite figurait parmi les sponsors les plus généreux de sa fondation, le « McCain Institute for International Leadership ». L’Arabie Saoudite avait en effet « investi » un million de dollars en 2014. La même fondation recevant également le soutien, mais quelle surprise, du milliardaire mondialiste George Soros.

Je ne sais pas si un Saint s’en est allé en ce samedi 25 août 2018 mais ce dont je suis certain en revanche c’est que la paix sur notre bonne vieille Terre ne s’en portera pas plus mal avec la disparition de John McCain. N’en déplaise aux journalistes.

D.B.

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