Le gouvernement italien doit apprendre à balayer devant sa porte

Le vice-premier ministre Luigi Di Maio, chef du M5 S, a lancé jeudi un ultimatum à l’Union européenne : « Si la réunion des sherpas qui se déroule vendredi à Bruxelles ne débouche sur aucune redistribution des migrants entre pays européens, l’Italie ne versera plus les 20 milliards d’euros de sa contribution au budget communautaire ». La réunion de vendredi a été un échec. Aucune solution n’a été trouvée. Cette nouvelle crise européenne sur les migrants découle de l’arrivée dans le port sicilien de Catane d’un navire des gardes-côtes italiens avec 180 immigrés clandestins. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, refuse de les laisser débarquer tant qu’un accord n’aura pas été trouvé pour leur répartition dans les pays européens.

Mais l’Union européenne n’est pas responsable de la situation à Catane. Il ne s’agit pas cette fois d’un navire affrété par une ONG humanitaire, comme L’Aquarius ou le Lifeline, mais d’un bateau des garde-côtes italiens. Donc des fonctionnaires sous la responsabilité directe de l’Etat. On ne peut pas condamner ces militaires pour avoir secouru ces migrants. Sauver des naufragés, volontaires ou non, est une obligation dans le droit maritime international. Face à cette situation le gouvernement italien n’est pas clair. A commencer par Matteo Salvini. Dans une émission télévisée sur la Rai il a en effet déclaré : « Ou l’Europe décide sérieusement d’aider l’Italie concrètement, à partir par exemple des 180 migrants à bord du navire Diciotti, ou nous serons contraints de raccompagner dans un port libyen les personnes secourues en mer ». Cela veut donc dire que cette consigne n’a toujours pas été imposée aux gardes-côtes italiens !!! Cela veut dire que la situation à Catane relève de SA responsabilité.

Les semaines s’écoulent et le dirigeant de la Ligue reste confiné dans une vision étriquée d’un nationalisme « à la papa » (ici) qui ne consiste pas à défendre l’identité civilisationnelle de l’Europe en rapatriant les clandestins d’où ils viennent mais en se contentant de les refiler à ses voisins européens afin de s’en débarrasser. Cela ne me convient absolument pas. Que Matteo Salvini et l’ensemble du gouvernement italien balaient devant leur porte avant d’exercer un quelconque chantage envers ses partenaires européens. Qu’ils donnent des consignes claires à leurs militaires. Et si ces derniers ne devaient pas obéir, ce qui est peu probable, ou si des chefs venaient à avoir des états d’âme, qu’ils n’hésitent pas à sévir en les destituant et en les poursuivant devant les tribunaux. Gouverner ce n’est pas seulement pérorer en lançant des menaces, c’est prendre des décisions difficiles et les assumer.

D.B.

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