« Caramba, encore raté ! »

Dès le départ les médias étaient bien embêtés. Ils ne pouvaient pas coller sur le dos de la Ligue l’effondrement du pont de Gênes. On sentait que ce n’était pas l’envie qui manquait mais celle-ci venant d’arriver au pouvoir on ne pouvait décemment pas l’accabler sur ce sujet. Qu’à cela ne tienne. Si ils ne pouvaient pas accuser l’ennemi honni, ils pouvaient fragiliser la coalition au pouvoir en faisant remonter d’anciens tweets ou discours de plusieurs dirigeants du M5S qui avaient milité contre des travaux pour remplacer le pont qui venait de s’écrouler. C’était toujours ça de prix, d’autant plus que certains commençaient à spéculer avec gourmandise sur d’éventuelles tensions entre les deux alliés après ce drame. Mais c’était peu. D’autant plus que même si le M5S avait milité en faveur de ces travaux cela n’aurait probablement rien changé eu égard aux délais nécessaires.

Alors ils ont tenté de créer une polémique. Vingt quatre heures avant les obsèques des malheureuses victimes, des photographies ont été publiées montrant le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, « fêter » en Sicile les succès électoraux de sa formation politique, le soir même de la catastrophe. « Fêter » étant d’ailleurs un terme impropre. Matteo Salvini était en effet présent à une réunion de son parti prévu de longue date. Cela n’en faisait pas une « fête ». Et peu importe que celui-ci avait promptement réagi au drame en ayant suivi au quartier général des sapeurs-pompiers de Rome les opérations de sauvetage à Gênes. L’important n’était pas la vérité. L’important étant de salir celui auquel on ne pouvait rien reprocher sur les circonstances de la catastrophe. Il FALLAIT qu’il soit mêlé d’une façon ou d’une autre à l’opprobre générale qui touchait une grande partie de la classe politique italienne!!!

En dépit de cet ultime coup de Jarnac, le déroulement de la cérémonie d’adieu aux victimes a été un cauchemar pour nos médias. Ils n’ont pas pu cacher la réalité : Matteo Salvini et Luigi Di Maio ont été chaleureusement applaudis par la foule lors des funérailles alors que des élus de gauche ont été hués et insultés. Impossible pour les télévisions de cacher ces images. Ils ont du faire avec. En revanche, la presse a, sans surprise, choisi d’occulter les faits. Pas un mot. Pire, plusieurs journaux comme Le Monde par exemple, ont préféré insister sur le fait que près de la moitié des familles des victimes avaient choisi de ne pas participer à la cérémonie afin de pointer « la responsabilité de l’Etat ». Mais il ne s’agissait en rien de l’Etat de Matteo Salvini au pouvoir depuis un trimestre seulement. Et c’était surtout oublier de dire que l’autre moitié des familles des victimes présentes a chaleureusement applaudi Matteo Salvini. Il se murmure que dans les salles de rédaction de BFMTV, du Monde et d’ailleurs une expression revenait sans cesse : « Caramba, encore raté ! ».

D.B.

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