La victoire d’Erdogan marque la fin des illusions de l’Union européenne

La victoire est sans appel. Elle est d’autant plus indiscutable que le choix proposé aux électeurs turcs était extrêmement clair. Pour ou contre Erdogan ? Pour ou contre la dérive totalitaire du régime ? Pour ou contre la guerre contre les Kurdes ? Pour ou contre l’islamisation de la société ? Pour ou contre la liberté de la presse ? Pour ou contre la liberté religieuse ? Pour ou contre la séparation des pouvoirs ? Pour ou contre une justice indépendante ? Pour ou contre la liberté des minorités ?

A toutes ces questions les Turcs ont apporté une réponse sans ambigüité. Recep Tayyip Erdogan a été élu président dès le premier tour et son parti islamiste de l’AKP, associé à son allié nationaliste du MHP, a obtenu la majorité absolue au Parlement. Cette victoire écrasante des islamistes turcs a détruit l’ultime illusion des élites aveugles de l’Union européenne qui consistait à croire en la capacité de la société turque à résister à la déferlante islamiste en s’appuyant sur les valeurs kémalistes de la laïcité. Hélas, cela n’a été qu’une chimère. Une de plus. Le mal est profond. Il est solidement enraciné dans la Turquie de 2018. La république laïque de Mustafa Kemal Atatürk est bien morte et enterrée.

Si nous avions des dirigeants dont l’intégrité et la sécurité du continent européen étaient les priorités ils tireraient immédiatement les conséquences de ce vote. La Turquie islamiste n’a pas sa place au sein de l’Union européenne. Ses valeurs sont aux antipodes des nôtres. Les négociations d’adhésion doivent être interrompues. La Turquie entre les mains d’un islamiste comme Erdogan est devenue une ennemie de l’Europe. Elle est imprévisible. C’est-à-dire dangereuse. Ses revendications sur les îles grecques de la Mer Egée, ses violations répétées de l’espace aérien grec, son occupation illégale de la partie nord de Chypre qui est pourtant un pays membre de l’UE, ses menaces contre le gouvernement légitime chypriote concernant l’exploitation des réserves gazières offshore, ne doivent plus être ignorées ou prises à la légère. Ce pays qui dispose de la 2ème armée de l’OTAN et qui ne cache plus ses ambitions dans les Balkans au nom d’un néo-ottomanisme est une menace de plus en plus sérieuse. Les Européens ne doivent pas se bercer de nouvelles illusions en envisageant qu’une paix durable puisse perdurer dans la région avec un tel régime et un tel adversaire. Vae victis.

D.B.

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