Emmanuel Macron : un président sous influence ?

La situation empire au Yémen. La coalition sunnite menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis a décidé de lancer une vaste opération militaire pour reprendre la ville d’Hodeïda, et surtout son port par où transite l’aide humanitaire, actuellement aux mains des rebelles chiites Houthis soutenus par l’Iran. La prise de la ville pourrait marquer un tournant dans ce conflit. La bataille fait rage et la coalition sunnite s’est emparée de l’aéroport d’Hodeida. Selon la BBC, des troupes stationnées en Érythrée, alliées à l’Arabie Saoudite, se tiendraient prêtes à rejoindre la bataille. De son côté, le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, a promis de « transformer la côte ouest en bourbier pour les envahisseurs ».

Cependant, l’Arabie Saoudite doit faire face à un événement imprévu. Les bombardements massifs de la coalition menée par Riyad ont conduit les organisations humanitaires à l’accuser régulièrement de crimes de guerre. Ces accusations répétées ont conduit les Etats-Unis à prendre leurs distances avec leurs alliés saoudiens. C’est pourtant ce moment, entre aggravation du conflit et accusations de crimes de guerre, qu’a choisi le président français pour remplacer Washington. Selon Le Figaro citant des sources militaires, des forces spéciales françaises seraient présentes désormais aux côtés des troupes émiraties. Paris envisagerait également de se charger du déminage du port d’Hodeïda, une fois ce dernier passé sous contrôle de la coalition sunnite. Se pose inévitablement cette question : En quoi le conflit yéménite concerne notre pays ?

La décision d’Emmanuel Macron est incompréhensible. Sauf… si l’hôte de l’Elysée devait être, d’une façon ou d’une autre, sous influence saoudienne. Car comme je l’avais écrit (ici) : « Quels sont les principaux périls pour l’Europe ? L’immigration, l’islamisation et le terrorisme. Or, aucun de ces maux n’est financé par l’Iran chiite. En revanche, ceux-ci sont financés par l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Pakistan, le Qatar etc… (*) Toutes des puissances sunnites. D’ailleurs, je vous pose la question : sur le plan doctrinal les djihadistes qui frappent l’Europe depuis plusieurs années sont-ils plus proches de l’Iran chiite ou de l’Arabie Saoudite wahhabite ? Vous connaissez la réponse. Nos dirigeants connaissent la réponse. Malheureusement, une partie de notre classe politique et économique a vendu son âme aux pétromonarchies du Golfe en échange des intérêts financiers (dettes étatiques), économiques (contrats d’armement par exemple), stratégiques (pétrole) ou individuels (corruption). Si l’arc chiite qui prend forme au Moyen Orient inquiète, à juste titre, Washington, Tel Aviv et Ryad, c’est leur problème. Pas le notre. »

Enfin, cette décision est incompréhensible sur un plan diplomatique. Nous nous trouvons à quelques semaines de l’ouverture à Paris d’une conférence humanitaire sur le Yémen. Un rendez-vous calé en avril dernier par Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman. Avec l’implication de Paris dans le conflit yéménite, la France est désormais juge et partie. De quoi décrédibiliser aux yeux des Houthis le rôle d’arbitre de la France. Oui décidément, que vient faire Emmanuel Macron dans cette galère ?

D.B.

(*) Alors que la France vient de geler les comptes de Hani Ramadan, le frère de Tariq Ramadan, dans le cadre de la lutte contre les personnes qui facilitent le terrorisme on est en droit de se poser la question suivante : Qu’attend la France pour geler les avoirs du Qatar et de l’Arabie Saoudite ?

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