Angela Merkel rejette l’ultimatum de la CSU mais se voit contrainte d’accepter un compromis sur l’immigration

Dans l’espoir de parvenir à un accord européen lors du sommet de l’UE à la fin du mois, Angela Merkel a accepté lundi 18 juin un compromis avec ses alliés de l’Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise sur un durcissement de la politique migratoire.

Ce compromis, qui écarte au moins pour un temps une crise ouverte entre les deux composantes du bloc conservateur, prévoit que les migrants déjà enregistrés dans un pays de l’UE, c’est-à-dire la quasi-totalité, soient refoulés aux frontières allemandes à compter de juillet si aucun accord n’est conclu d’ici là au niveau européen. Les chrétiens-sociaux demandaient au départ que cette mesure soit prise sans délai.

L’Union chrétienne-sociale CSU, qui se prépare à de difficiles élections régionales en Bavière en octobre, exprime son impatience sur la question migratoire. Elle accuse la chancelière et son parti démocrate-chrétien CDU, avec lequel elle est pourtant alliée depuis 1949, de laxisme. L’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016 a créé une onde de choc politique dans le pays qui ne faiblit pas.

La CSU, la frange la plus droitière du gouvernement de coalition, veut durcir la politique migratoire allemande, en vue notamment des élections régionales bavaroises d’octobre où elle craint une percée du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Lors d’une conférence de presse après l’annonce du compromis avec la CSU, Angela Merkel a toutefois mis en garde contre un « effet domino » à travers l’Europe si l’Allemagne refoulait de manière injustifiée des migrants à ses frontières.

Elle a souligné la nécessité pour son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), et pour la CSU d’agir ensemble pour tenter de parvenir à un accord lors du sommet européen des 28 et 29 juin à Bruxelles.

La chancelière centriste refuse de céder à la CSU. Elle redoute qu’un tel cavalier seul ne crée le chaos et n’obère toute chance d’obtenir un solution commune en Europe, au moment où l’UE discute d’un système d’asile partagé. « Il s’agit d’un défi européen qui nécessite une réponse européenne », a-t-elle dit ce week-end, prévenant que la « cohésion de l’Europe » était en jeu.

La semaine qui s’annonce sera donc décisive pour l’avenir politique de la chancelière. Et la partie compliquée, car ce qu’exige son aile droite est précisément ce dont ne veut pas l’Italie, qui, en tant que pays d’arrivée des migrants, réclame plus de solidarité européenne (…)

Angela Merkel est d’autant plus sous pression que sa cote de popularité en Allemagne chute, tandis que l’extrême droite progresse dans les sondages.

Le mécontentement croissant de l’opinion est exacerbé par des faits divers impliquant des migrants et ayant eu un large écho dans l’opinion, en particulier le viol et l’assassinat récents d’une adolescente par un jeune demandeur d’asile irakien arrivé en 2015 (…)

Source : France 24

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