Union européenne : « Nous vous avons compris »… Tu parles Charles !

Du Brexit aux conséquences des résultats des élections italiennes, des succès populistes en Europe de l’Est au mécontentement croissant des populations ouest-européennes devant la submersion migratoire, ils jurent tous la main sur le coeur : « Nous vous avons compris ! ». Tu parles Charles, on connaît la ritournelle depuis le 04 juin 1958. Il ne s’agit que d’un pieux mensonge. A ce sujet les rebondissements autour de la constitution d’un gouvernement italien ont été édifiants. Nous avons eu droit, coup sur coup, aux propos arrogants du commissaire européen au Budget et aux Ressources humaines, l’Allemand Günther Oettinger, qui a déclaré : « Les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter ». Puis ce fut au tour du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, d’affirmer de manière méprisante : « C’est aux Italiens de s’occuper des régions pauvres de l’Italie. Cela signifie plus de travail, moins de corruption, du sérieux ». Chassez le naturel et il revient au galop. Vous admettrez avec moi qu’en matière de compréhension on peut faire mieux…

Même lorsqu’elles ne se montrent pas suffisantes, les élites bruxelloises utilisent un double langage. Prenons l’exemple d’un entretien accordé aux Dernières Nouvelles d’Alsace par le négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit, Michel Barnier. A une question du journaliste sur la montée du populisme en Europe il semble faire un mea-culpa : « L’UE a commis de graves erreurs dans le passé, notamment l’ultralibéralisme et la dérégulation excessive que Bruxelles a portés pendant plus de 30 ans avec des gouvernements de gauche et de droite. C’est la leçon qu’on doit tirer du Brexit, car on retrouve les mêmes colères, la même souffrance sociale, le même sentiment d’abandon qui ont conduit au vote britannique dans certaines régions d’Italie ou de France ». Un début de compréhension ? Que nenni. Michel Barnier situe ces erreurs dans le passé comme si ces problèmes étaient résolus alors qu’il n’en est rien. On peut également noter que les motivations principales qui expliquent la montée du populisme en Europe et le vote en faveur du Brexit, à savoir le contrôle des frontières et la lutte contre la submersion migratoire, ne sont même pas évoquées par Michel Barnier. Comment ces élites pourraient comprendre et résoudre le phénomène de la montée du populisme lorsqu’elles sont dans la négation de l’existence du problème qui alimente ce phénomène ?

On retrouve ce double langage chez tous les européistes cosmopolites pour peu que l’on prenne le soin de les écouter attentivement. Ainsi, Bruxelles le clame haut et fort : « L’Union européenne n’a pas pour objectif de punir le Royaume Uni pour le Brexit ». C’est ce que répète également Michel Barnier dans tous les médias. Pour ce convaincre que ce message est uniquement voué à duper les opinions publiques, il suffit d’écouter ce que dit l’un des hommes politiques les plus influents au niveau européen. Son nom ne vous dira probablement rien. Il parle peu dans les médias car il préfère agir en coulisses où son pouvoir et son prestige sont importants. Ainsi, avant chaque réunion du Conseil européen il rassemble les chefs de gouvernement membres du PPE, dont Angela Merkel, ou de partis tel Laurent Wauquiez pour la France, afin de définir à l’avance une ligne commune. Joseph Daul, car c’est de lui dont il s’agit, est le président du Parti populaire européen (PPE) qui regroupe les principaux partis conservateurs en Europe. Or, ce personnage vient de déclarer ceci : « Je défends un Brexit dur pour les Britanniques, avec tous les inconvénients et aucun avantage, pour qu’ils sachent ce que cela signifie de quitter l’Europe ». Un message sans équivoque. Alors je vous pose la question : qui faut-il croire ? Michel Barnier lorsqu’il assure ne pas vouloir punir les Britanniques ou Joseph Daul, l’homme qui murmure à l’oreille d’Angela Merkel, et qui dit le contraire ?

Ce double langage est permanent. En réalité, ils ne veulent rien comprendre. Ils ne cherchent même pas à comprendre. Ils ne sont pas là pour ça. Ils sont là pour obéir et appliquer un programme qui s’articule autour des thèmes défendus par une oligarchie : mondialisme, métissage, libre échange… Programme dont le but ultime est l‘imposition d’un gouvernement mondial par les élites et pour les élites et dont l’Union européenne est le laboratoire. Si les peuples européens s’y opposent cela ne leur pose aucun problème. Dans leur esprit il suffit de changer de peuple. C’est ce à quoi ils travaillent depuis des années, c’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui. Le temps nous est donc compté. C’est la raison pour laquelle Matteo Salvini, qui continue à parler comme si il était dans l’opposition, doit maintenant comprendre qu’il est ministre. Le temps du verbe est terminé, celui de l’action doit s’imposer. Rapidement. Il en va de la survie de la civilisation européenne.

D.B.

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