Italie : Marengo ou Waterloo ?

Enfin ! Après de nombreux coups de théâtre, l’Italie tient son gouvernement. Mais faut-il pour autant s’en réjouir ? Je pense que la situation n’a pas changé en dépit du tumulte de ses derniers jours à Rome. L’avenir de ce gouvernement est sombre. Sergio Mattarella a remporté son bras de fer en imposant un europhile Giovanni Tria au ministère de l’Economie. Si Giovanni Tria est proche des idées de la Ligue sur la baisse radicale et la simplification des impôts il est résolument en faveur du maintien de l’Italie dans l’euro. En revanche, Paolo Savona, très sceptique vis-à-vis de l’Euro, est placardisé au ministère des Affaires européennes. Il suffit de voir qui est nommé à la tête de ce ministère en France pour comprendre que ce poste ne confère aucun pouvoir. Il faut souligner également que c’est l’europhile Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles et a été ministre des Affaires européennes de Mario Monti et d’Enrico Letta (2011-2014), qui devient ministre aux Affaires étrangères.

Comme on peut le constater, ce gouvernement populiste est mis sous surveillance par les européistes cosmopolites. Est-ce à dire que les européistes identitaires ont déjà perdu la partie ? Peut-être pas. Il reviendra à Matteo Salvini de se montrer suffisamment habile pour tirer son épingle du jeu. Cette coalition hétéroclite entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, traversée par des divisions profondes et des tensions récurrentes, encadrée et surveillée par des europhiles béats, ne devrait pas en toute logique durer très longtemps. Il faut donc à Matteo Salvini agir rapidement pour marquer les esprits et pouvoir retourner aux urnes sereinement. Et cela ne peut que passer par une chose : mettre en pratique immédiatement son programme sur l’immigration et prouver à l’Europe, et à ses électeurs, que la théorie de la rémigration peut s’appliquer dans la pratique. Prendre immédiatement des mesures fortes et symboliques, voilà ce qui doit guider Matteo Salvini. Mettre fin, par exemple, à ce scandale des navettes aériennes quotidiennes qui vont chercher les migrants en avion à Fiumicino, l’aéroport de Rome, et qui en font débarquer une cinquantaine par jour.

Faire simple et efficace. Il n’y a aucune autre alternative. Les électeurs de la Ligue pourront pardonner l’échec de cette coalition mais pas une trahison sur la question migratoire. Le chemin est étroit. Car de la compromission à la capitulation il n’y a qu’un pas. L’écart est aussi faible que ce qui sépare une victoire miraculeuse, Marengo, d’une défaite inattendue, Waterloo, (ici). A Matteo Salvini de prendre les bonnes décisions. L’avenir de l’Italie, et d’une grande partie de l’Europe, est entre ses mains. La responsabilité est énorme. Prions pour qu’il en est pleinement conscience.

D.B.

Publicités


Catégories :Italie

%d blogueurs aiment cette page :