Union européenne : « Soumission First ! »

Dans un précédent article (ici) je faisais le pari que les protestations européennes contre la décision de Donald Trump de torpiller l’accord sur le nucléaire iranien n’iraient pas au-delà des rodomontades médiatiques habituelles. Hélas, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que les événements me donnent raison. Bien entendu, les dirigeants européens tentent de camoufler leur lamentable capitulation derrière des arguties juridiques qui ne trompent personne. On tente de nous faire croire que la réactivation d’un « bouclier juridique » datant de 1996 mettra les entreprises européennes à l’abri des sanctions extraterritoriales américaines. Il n’en sera rien. Tout le monde le sait mais tout le monde fait semblant. Il convient d’enfumer l’électeur européen et de lui passer un peu de pommade…

Il suffit d’écouter le président français, Emmanuel Macron, pourtant le plus virulent pour condamner la décision de Donald Trump, pour se convaincre de l’échec des Européens à se comporter comme une véritable puissance soucieuse de défendre ses intérêts et ses entreprises : « Nous n’allons pas enclencher une guerre stratégico-commerciale avec les Etats-Unis sur le cas de l’Iran. On ne va pas sanctionner des entreprises américaines pour répondre sur ce sujet, çà n’aurait pas de sens ». Et de conclure « C’est aux entreprises de décider ». Et voilà, les Etats-Unis qui sont une véritable puissance n’hésitent pas quant à eux à mener contre les Européens une véritable guerre stratégico-commercial pour reprendre les propos présidentiels. Là où « l’Europa First » n’est qu’un rêve défendu par une bande d’eunuques totalement soumis, « l’America First » est une réalité qui exerce contre nos entreprises et nos intérêts commerciaux et stratégiques un véritable racket qui reste et restera impuni.

Abandonnées en rase campagne par la pusillanimité des dirigeants européens, les entreprises n’ont pas attendu Emmanuel Macron pour prendre des décisions. Sans illusion sur la capacité de l’Europe à résister aux pressions américaines, Allianz, Maersk ou Total ont déjà annoncé qu’elles mettaient un terme à leurs affaires en Iran. L’image renvoyé par l’Union européenne au reste du monde est déplorable, catastrophique. Comment voulez-vous que les autres nations puissent respecter une « puissance » aussi veule ? Mais cela ne date pas d’aujourd’hui. La soumission des Européens aux intérêts géopolitiques des Etats-Unis fait dire à l’historien, John Laughland, que Donald Trump fait passer les dirigeants européens pour les idiots qu’ils sont : comment peuvent-ils se plaindre des sanctions américaines contre leurs entreprises, alors qu’ils appliquent le même régime à la Russie ? Contradiction que semble avoir compris le futur gouvernement italien qui demande 1’annulation des sanctions contre la Russie décidées sous le prétexte de la crise ukrainienne mais dont le vrai but, comme l’a parfaitement démontré le géopoliticien Alexandre Del Valle, était de couper l’Union européenne de la Russie afin de remplacer le gaz russe par du gaz de schiste américain.

D.B.

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