Européistes identitaires vs mondialistes cosmopolites : le véritable clivage

Lorsque le peuple britannique s’est prononcé en faveur d’une sortie de l’Union européenne en juin 2016 mes sentiments étaient multiples. J’ai ressenti de la fierté, de la tristesse et de la colère. J’étais fier de voir qu’une majorité de la population avait enfin compris que les enjeux migratoires et identitaires étaient primordiales pour la sauvegarde de la civilisation européenne. Car c’est la compréhension de ces enjeux par les masses populaires qui a fait basculer le vote en faveur du Brexit. Les réactions arrogantes et outrancières d’une grande partie des élites européennes au lendemain du résultat du référendum ont démontré, qu’elles aussi, avaient parfaitement identifié les raisons de la victoire des « brexiters ». Pour elles, il s’agissait ni plus ni moins d’un crime de lèse-majesté, une remise en cause inadmissible et forcément irrationnelle d’une politique mondialiste programmée pour être irréversible. Ce vote intervenait comme un bug inattendu dans un logiciel jusqu’ici parfaitement huilé.

Mais en dépit de la fierté de voir qu’un grand peuple européen s’était enfin réveillé d’un sommeil léthargique et létal, j’étais triste de voir le peuple britannique quitter la famille européenne. Car je suis un européiste identitaire convaincu. A la différence d’un Laurent Wauquiez, je suis favorable à l’intégration des nations balkaniques qui sont en dehors de l’union européenne (Albanie, Bosnie- Herzégovine, Macédoine, Monténégro, Serbie). Je suis favorable à ce que les nations qui ont choisi de rester à l’extérieur de l’UE (Islande, Norvège, Suisse) puissent un jour la rejoindre. Je suis même favorable à ce que les nations qui posent aujourd’hui des problèmes géopolitiques insolubles, qui empêchent toute possibilité d’intégration à court ou moyen terme, puissent conserver cette perspective à long terme (Biélorussie, Modavie, Ukraine). Enfin, je garde espoir qu’un jour l’Arménie, la Géorgie et la Russie intègrent la grande famille européenne enfin rassemblée. Dans ces conditions, comment pourrais-je me réjouir de voir le peuple Britannique prendre un chemin contraire ? Il ne faut pas quitter le navire mais s’emparer des commandes et remplacer l’équipage.

Car ma colère résulte du fait que les gens qui siègent a la commission de Bruxelles ont réussi, par leur idéologie et leur politique mondialiste, à pousser un peuple européen en dehors de la famille commune. Ces personnes qui ont le toupet de se présenter comme des européistes sont en vérité des mondialistes cosmopolites, dont l’ambition et la mission sont de travailler à l’émergence d’un gouvernement mondial comme ne cesse de le répéter l’un de leurs hérauts médiatiques, Jacques Attali. Ils se servent de l’Union européenne comme d’un laboratoire pour peaufiner leur projet ultime, ne travaillant nullement à la protection des intérêts des peuples européens. Leur ambition n’est pas de créer une puissance européenne. Les institutions de Bruxelles ne s’en cachent pas « L’union a pour fondement le rejet de la politique de puissance ». D’ailleurs, les preuves sont là. L’absence de protection des frontières européennes, c’est eux. Le désarmement unilatéral de l’union européenne dans le libre échange mondial qui accélère la désindustrialisation de notre continent, c’est eux. Le refus de constituer des champions européens dans différents domaines économiques et stratégiques, c’est encore eux. Le grand remplacement démographique par la promotion d’une politique migratoire incontrôlée et assumée, toujours eux. Eux, c’est-à-dire les partisans d’une idéologie mondialiste cosmopolite dont la cour de justice européenne (si mal nommée) en est la gardienne sourcilleuse. C’est cette politique mortifère qui pousse de plus en plus d’Européens à se détourner de ce projet magnifique de fédérer les peuples du Vieux continent.

Aujourd’hui, le clivage n’est plus entre droite et gauche, souverainistes ou européistes, libéraux ou socialistes mais entre européistes identitaires et mondialistes cosmopolites. Cependant, ce clivage reste artificiel dans le débat public car l’un des deux camps n’a pas encore trouvé son champion. Les européistes identitaires n’ont aucun leader charismatique qui s’affiche comme tel. Certains candidats potentiels préfèrent toujours se réfugier derrière les anciennes étiquettes d’un clivage dépassé. On en trouve chez les conservateurs, les populistes ou les nationalistes mais aucun, soit par manque de courage ou par manque de lucidité, n’a encore osé franchir le rubicon. Ils sont encore trop occupés à défendre leurs pré-carrés nationaux respectifs, incapables d’avoir une vision d’ensemble à l’échelle européenne. En face, c’est l’inverse. Bien que travestissant le débat en s’affichant comme des (faux) européistes, les mondialistes cosmopolites disposent de nombreux leaders et de pléthores de relais d’opinions, d’intellectuels (Alain Minc ou Jacques Attali en France), d’éditorialistes (comme Bernard Guetta de France Inter, young leader du lobby atlantiste dès 1981) qui assènent inlassablement leur doctrine. Durant l’année 2017 ils ont même changé de champion en lui préférant le jeune Emmanuel Macron à la vieillissante et usée Angela Merkel sortie affaiblie des élections législatives et des laborieuses tractations pour former un gouvernement. Il n’est jamais sain dans une démocratie que le débat reste biaisé trop longtemps. Il est urgent que les européistes identitaires s’affichent enfin et trouvent un champion charismatique, crédible, pondéré, capable de défendre et de porter leurs idées. L’avenir de la civilisation européenne en dépend.

D.B.

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Catégories :Royaume Uni

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